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dimanche 15 février 2009

Nouvel an chez l'évèque

Une fois digéré, voilà ce que ça donne.

" Suppliciée, la mine basse, à genoux, les coudes dans la boue, oui mon père, j’ai pêché. Le nectar poisseux de la vie coulait contre mes cuisses tremblantes et j’ai joui après lui, béate d’admiration face à ce qu’on m’avait toujours défendue d’espérer. J’ai joui comme peu de vierges le font, j’ai joui de toutes les privations que je m’étais infligée depuis la marelle et les cordes à danser. J’ai joui en pensant à ma mère qui se contentait de serrer les dents quand son mari invoquait le devoir conjugal, j’ai joui en sachant que je ne jouirai peut-être plus de nouveau, ensuite.

Mon souffle se décomposait dans ses bras, je m’y accrochais, j’en voulais encore, encore puisqu’il était encore temps d’en profiter. Ne plus me relever, laisser mes empreintes dans cette boue noire et lumineuse, tracer une croix avec le sperme coupable. Enfanter de cette bourbe un être libre et brouillon, sur lequel je ne tenterai pas par tous les moyens d’imposer un propre achevé.

Je me suis souvenue de ce discours flou d’un prêtre qui, en temps pascal, avait confié à ses ouailles tout ouï qu’il valait mieux accéder au paradis estropié qu’en enfer avec ses deux pieds. J’ai pensé couper tous les membres si je peux échapper aux anges, couper moi la langue pour que je puisse crier ma jouissance. Il s’est inséré de nouveau en moi sans me laisser le temps d’invoquer le Saint-Esprit ni quel qu’autres qui soit, et j’ai hoqueté de surprise.

J’avais abandonné Jésus. "

mardi 10 février 2009

Théâtralité à la bonne franquette ou presque.

À propos du théâtre et de la nécessité d'en épurer le jeu, Diderot en dit :


"Mais ce qui émeut toujours, ce sont des cris, des mots inarticulés, des voix
rompues, quelque monosyllabes qui s'échappent par intervalles, je ne sais quel
murmure dans la gorge, entre les dents."

"Il imitera les peintres, qui, au lieu de s'attacher à la représentation rigoureuse de la nature, la perdent de vue pour s'occuper des ressources de l'art, et songent, non pas à me la montrer comme elle est et comme ils la voient, mais à en disposer relativement à des moyens techniques et communs."

"Moi, je lui [le comédien] veux beaucoup de jugement ; il me faut dans cet homme un spectateur froid et tranquille ; j'en exige, par conséquent, de la pénétration et nulle sensibilité, l'art de tout imiter, ou, ce qui revient au même, une égale aptitude à toutes sortes de caractères et de rôles.

"S'il est lui quand il joue, comment cessera-t-il d'être lui ? S'il veut cesser d'être lui, comment saisira-t-il le point juste auquel il faut qu'il se place et s'arrête ? "