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mardi 7 avril 2009

Princesse du mardi matin

Il dormait et je l'ai réveillé. C'est pas grave. Il m'a dit je t'aime, j'ai hâte de te voir demain, je sais que ça fait 10 mois nous deux mais 10 mois c'est rien quand j'ai toute ma vie pour t'aimer, mon bébé.
Je suis retournée prendre des notes de cours sur Stanislavski avec un peu plus de chaleur au coeur, même s'il neige dehors et que j'ai des petites ballerines aux pieds nus.
On s'en fout, je l'aime.

dimanche 8 mars 2009

Si j'étais l'art (2)

Tiens, le paragraphe du petit garçon.

C'est pas très beau ni très léché, mais ça sera ça.

'Me reste la jeune fille juive et le soldat avant de passer à un autre travail. On lâche pas!

« Quand Papa et Maman sont partis, moi ils m’ont gardé, au début je savais pas pourquoi moi et pas eux, ça me faisait comme un trou dans le ventre, juste là. Le gros loup a pris mon vieux cahier et il l’a feuilleté et moi j’avais l’impression qu’il prenait son couteau et qu’il fouillait en moi, ça aurait fait moins mal je pense. Ils m’ont donné un autre crayon et ils ont ris, et ils ont pris ma main pour que je dessine encore, et encore. Quand je dessine, ils me font moins mal. Moi, je ne dessinerai plus jamais de maison rouge avec Maman et Papa qui me tiennent par la main. Moi, je dessine les croix rouges des gros méchants loups qui me chassent jusque dans mes rêves, qui n’existent plus. »

Si j'étais l'art (1)

Ehlala...
Gros travail scolaire ce soir, gros travail de création.

Nous avons esquissé une scène sur l'art au temps de la guerre, comment l'art sauvait des vies et des juifs dans les camps de concentration. En gros, l'art parle de lui-même, un enfant parle de l'art, une jeune juive aussi, et le soldat lui-même s'adresse à la foule.

Excusez-moi mais non, je ne crois pas être capable de créer tout ça vite comme ça. Ça cogite et ça tourne dans ma tête depuis très - trop - longtemps, et non, ce soir, ça ne sort pas.

Bon, je ne le rendrai pas demain, je crois.

Aïe,aïe,aïe...

L’art, sur la chanson « Ballade No.1 » de Chopin, s’adresse au public :

« 39-45. On empile au loin les corps des juifs, des handicapés, des gitans, des laisser pour compte qui n’ont pas eu la chance d’être blonds aux yeux bleus ou à tout le moins bruns aux yeux bruns, peu importe, ces hommes qui n’ont jamais eu de chance. Race supérieure, rat, chiens, idées de grandeur, la folie meurtrière d’un seul homme nous conduit dans un gouffre de peaux et de douleurs, la guerre dans toute son atrocité.

Ma voix fredonne faiblement les soubresauts de ma vie qui s’étiole. Je me fais bouée et ancre, on s’accroche à moi pour oublier les bombes et les toits qui tombent. On m’arrache, on m’enseveli, mais on résiste aux assauts en mon nom, en répétant inlassablement mes chansons, mon nom et mes couleurs au milieu de la grisaille permanente. »

dimanche 15 février 2009

Si je n'étais pas moi.

J'ai beaucoup de difficulté à écrire quelque chose qui n'émane pas directement de moi. À quelques exceptions près, tous les je de mes textes depuis aussi longtemps que je sais écrire me représentent d'une façon ou d'une autre. Depuis que je suis heureuse et comblée, il m'est de plus en plus ardu d'écrire au je une souffrance qui ne m'est pas propre. J'essaie et souvent, je ne réussis pas, ce qui donne des résultats encore plus intéressants que s'ils étaient parfaits, lèchés et proustien.


" Un jour je suis sortie du ventre de ma mère pour tomber sous le joug de mon père. Ce n’était pas sa faute, me disait ma grande sœur, il ne comprenait pas les chaînes qu’il m’imposait, qu’elle répétait, il n’a jamais saisi qu’il s’enroulait autour de moi et qu’à force de serrer, il allait tuer sa proie. Ma grande sœur sur qui il n’a jamais levé la main mais plutôt dresser le gland. Au final, je préfère les ecchymoses sur la peau plutôt que les bleus de l’âme.

Mes parents croyaient que je louchais, et j’avais d’immenses lunettes correctrices qui empiraient ma réelle situation, puisque je faisais ciller mes yeux volontairement, pour éviter de voir ma maison, ma famille, mes enfers. Mon père a cessé un peu de m’étriver quand je les portais, elles étaient dispendieuses et ça, mon père le respectait, pour le bien de son propre portefeuille, merci.

Je n’ai pas de souvenirs heureux de sapin de Noël illuminé et d’ange de carton à sa cime. Je n’ai pas d’images de moi souriante à travers les emballages déchirés et les poupées qui pleuvaient à profusion, je n’ai que de vagues rappels de soirs tristes où mon père buvait son whisky en mangeant des œufs fourrés au bacon et des sandwichs qui me rendaient malades, où ma sœur tirait sur sa jupe trop courte pour éviter que le père reluque ses cuisses, et où ma mère préférait fermer les yeux, pour éviter de voir sa maison, sa famille, son enfer.

Il y a des enfants qui sont bien en vacances, qui chignent au retour à l’école et qui racontent leur camping à Old Orchard Beach, de l’air de ceux qui n’ont jamais connus les genoux éraflés et le fond de teint précoce pour camoufler les marques de la veille. Il y a de ces enfants qui étaient mes amis, avant. Avant que je décide de ne plus les amener à la maison, parce que même en leur présence, ma famille n’arrivait plus à être la famille idéale et stérilisée qu’elle s’inventait devant les étrangers.

Les autres, ce grand mot qui effrayait ma mère. Qu’est-ce que les autres vont en penser ? Moi j’aurai voulu que ces autres prennent les bâtons de golf de mon père pour le battre avec. Moi j’aurai voulu que ces autres m’emportent dans un carrosse couleur blanc et vieille citrouille, qu’une bonne fée me berce et me promette de changer mon père en petit souris, et ma mère en chat. La nature ferait le reste.

Je ne le savais pas mais instinctivement, j’ai toujours su que je voulais tuer mon père. Chaque fois qu’il m’étouffait avec le bol de soupe où il me plongeait la tête, c’était là, ce sentiment de haine, de vengeance, de mort. "

Jalousie

Les cours de création donnés par Michel Rivard dans le cadre de Star Académie me font mourir de jalousie. Je voudrais tant y être ! Je boirai ses paroles comme certains écoutaient le Messie, jadis. Je dégainerai mon stylo et je m'appliquerai à créer comme jamais auparavant, mue par cet homme dont je chante depuis ma tendre enfance les mélodies rampantes. Ginette, ginette !

C'est pourquoi, après avoir demandé à mon chum de fermer sa grande trappe, j'ai minutieusement écris les directives de mon gourou mercredi passé, durant la quotidienne de l'émission.

" Écrivez un souvenir de votre enfance, simplement, comme ça vous vient. N'ayez pas peur de pénétrer en vous et de partager avec les autres. Allez-y. "

Je me suis gardée une dose de respect - mon chum se tappait quand même une demie-heure de Star Académie pour me faire plaisir ! - et je n'ai pas sortie mon beau cahier sur le coup, j'ai même rechignée un peu pour la forme quand un des académiciens a écrit un superbe texte voluptueux - si j'y avais été, c'est mon texte qu'on aurait lu à la télé, bon ! -, en attendant le bon moment de suivre la philosophie créatrice de Michel - je l'appele par son p'tit nom, maintenant.

Merde, moi qui m'était promis de ne pas écrire et étaler ma vie ici. Enfin, trop tard.

Mercredi, en attendant que le train de banlieue ponctuel - on relève ici le sarcasme! - qui me ramènerait mon chum bougon d'être si en retard, j'ai allumé la lumière du plafond de mon char et j'ai parti la chaufferette, j'ai sorti mon cahier jaune orange et le stylo bleu comme ceux que mon grand-père cachait dans sa poche de chemise avec ses tic-tacs et ses billets de 6/49, et j'ai écris sur mon enfance, sur mon enfance qui s'éfiloche tranquillement pas vite.

" Je glisse lentement sur l'alsphate. Ma craie s'étire et le bruit me réjouit. J'ai les pieds qui brûlent au soleil mais moins que ceux des petites filles frèles que je ne suis pas. Je m'installe dans l'entrée et ça sent les oignons, et ça sent l'été. Grand-papa n'est pas trop loin derrière, avec ses plantes et ses fleurs et mes pousses de fève encore toutes jeunes. Le lilas me fait des clins d'oeil et mon serpent en plastique traîne sur le perron. Les drôles de fleurs dures presque en plastiques laissent des traces vertes dans les paumes de mes mains. J'ai de la bouette sur mon chandail et des lulus dans les cheveux. Mon popsicle mauve dans un petit plat à mes côtés, j'ai toute la vie devant moi et pourtant, je sais que tout cela ne durera qu'un temps. J'avais 6 ans, et j'étais un enfant. "
Ohhh, merci, Star Académie !

mercredi 11 février 2009

Vice versa

Mon beau cahier jaune orange, je crois que j'ai commencé à le salir de mes mots à l'envers.

Plus je le regarde, plus je crois que sa couverture souple est faite pour s'ouvrir dans l'autre sens.

C'est bien à mon image, ça !

mardi 10 février 2009

En passant

En passant, j'ai oublié mon cahier jaune orange durant quelques jours, ou alors, c'est que je ne l'avais tout simplement pas encore en ma possession, alors tous les messages bombardés, c'est le fruit de mes écrits sans lui (sauf un). Cahier bleu, vert, mauve, rose, feuille de papille volatile et post-it, je ne crache sur rien pour écrire.

En passant, mes libellés pour démêler mes nombreux messages sont farfelus mais, je l'espère, tout de même utiles. Je suis une touche-à-tout qui expérimente sans toujours réussir mais qui ne cesse de tenter ! Excusez mes erreurs et mes clichés, mes fautes et mes maladresses trop créatives ou pompeuses.

Si je ne vous assomme pas trop avec mes délires et mes mots, avec mes explorations en contrées artistiques, je serai fière et touchée de partager avec vous ma passion et mes jardins intérieurs.

En attendant, il paraît que le printemps sera beau... : )

lundi 9 février 2009

Mon nouveau sanctuaire

Mon nouveau refuge de folie littéraire, de création passagère.

Mon endroit où je ne raconterai pas ma vie ordinaire mais sa portion magique.

Des mots du quotidien habillés chic, des mots que mon cahier jaune orange - comme la couleur des crayons crayola - cache derrière son air inoffensif.

Bienvenue !